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Une expo à Paris : “Place aux femmes ! Les premières femmes médecins”, une mobilisation du projet MEDIF

À la Bibliothèque des Grands Moulins de l’Université Paris Cité, une exposition met à l’honneur un pan longtemps invisibilisé de l’histoire médicale : celui des premières femmes médecins. Intitulée « Place aux femmes ! Les premières femmes médecins », elle s’inscrit dans une programmation plus large qui interroge l’accès des femmes aux professions dites « d’hommes ». En parallèle, la BU Jeanne-Chauvin (Malakoff) accueille une seconde exposition consacrée aux premières femmes avocates, replaçant Jeanne Chauvin au cœur des luttes pour l’accès au barreau, à l’occasion du centenaire de sa mort.

Figure 1 : Un aperçu du parcours de l’exposition, mettant en lumière les trajectoires de femmes médecins qui ont ouvert la voie dans un univers longtemps réservé aux hommes. Bibliothèque des Grands Moulins, Université Paris Cité.

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MEDIF rencontre CIVIS : donner naissance à la Renaissance

La Renaissance est traversée par de profonds bouleversements intellectuels, artistiques et scientifiques. C’est cette période qu’ont explorée les participant-es du Blended Intensive Programme CIVIS « Mediterranean Renaissance: Art and Literature », organisé par le professeur Lorenzo Bartoli à l’Universidad Autónoma de Madrid (UAM).

La Renaissance est souvent présentée comme une période de renouveau et comme un âge d’or du progrès. Mais derrière cette image se dessine une réalité plus contrastée. A mesure que les savoirs se structurent et s’institutionnalisent, certaines voix se trouvent reléguées à la marge. Dans le champ médical, en particulier, la Renaissance constitue un moment charnière : celui d’une mise à l’écart progressive des femmes. Pourtant, au cœur de ce paysage largement masculin, quelques figures parviennent à s’imposer. Parmi elles, Louise Bourgeois, sage-femme de Marie de Médicis et autrice de traités médicaux au début du XVIIᵉ siècle, incarne à la fois l’exception et le paradoxe de cette époque.

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Plus nombreuses qu’on ne le pensait : le partenariat de MEDIF avec le Laboratoire d’Histoire des Sciences et Techniques de l’EPFL met au jour une présence féminine médicale à la Belle Époque massivement sous-estimée — et longtemps invisibilisée

Les premiers résultats d’un partenariat entre MEDIF et le Laboratoire d’Histoire des Sciences et Techniques de l’EPFL, qui viennent d’être restitués, mettent au jour le nombre largement sous-estimé de femmes médecins exerçant en France à la Belle Époque.

Depuis plus d’un semestre, l’équipe MEDIF collabore avec le LHST-EPFL dans le cadre du projet Quantifying the Invisible: Women Doctors in the Rosenwald Guides (1887–1940), dirigé par Mikhaël Moreau, Dre Amélie Puche et Prof. Jérôme Baudry. Ce projet a pour objectif l’extraction systématique et raisonnée de données issues des Guides Rosenwald, des annuaires médicaux français publiés entre 1887 et 1949, dont un grand nombre sont numérisés et accessibles sur la plateforme Gallica de la BNF. Il s’agit d’une étude sérielle inédite de tous les volumes numérisés pour la période étudiée, qui n’ont jusqu’alors fait l’objet que d’analyses quantitatives sur la base d’échantillons.

Dans le cadre de son projet de semestre de Master, brillamment soutenu le 20 janvier dernier, Yi Ren a réalisé l’exportation d’un premier jeu de données couvrant la période 1887–1906, en s’appuyant sur une méthodologie d’annotation triangulaire qu’il a lui-même développée et implémentée — OCRisation enrichie par plusieurs modèles de langage (LLM) et une vérification humaine.

Ce travail a permis l’identification de plus de 1300 entrées et près de 480 femmes médecins exerçant en France (Paris et départements) et chirurgiennes-dentistes de la Faculté de Médecine de Paris parmi les listes alphabétiques des médecins et officiers de santé fournies dans les guides.

Ces résultats dépassent largement les estimations les plus optimistes établies jusqu’ici par les historien·nes, fondées sur des analyses d’échantillons partiels. Ils permettront de nourrir la base de données consacrée aux femmes médecins de Suisse et de France développée par Mikhaël Moreau et l’équipe MEDIF afin de recenser, visibiliser et documenter les trajectoires professionnelles des doctoresses formées à la Belle Époque. Ils rendent possible un suivi et une cartographie précise de leurs parcours, permettant une analyse fine de leurs trajectoires et mobilités.

De nouveaux résultats, pour la période 1907-1917 et pour les listes géographiques présentes dans les guides, permettront de compléter encore ces données au cours du prochain semestre.

MEDIF soutient les infirmières !

De nombreuses femmes médecins de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle ont apporté leur soutien à d’autres professionnelles du soin, alors encore uniquement des femmes, les infirmières. Ces femmes médecins ont proposé et revendiqué des relations différentes entre infirmières et médecins que celles imposées par les hommes. Elles ont enseigné dans les écoles d’infirmières, ont parfois dirigé une de ces écoles comme Anna Hamilton l’a fait à Bordeaux, voire en ont créé.

Cette histoire commune et méconnue est un des nombreux pans qui seront mis en avant lors de différents évènements organisés en Suisse romande autour des soins infirmiers. Il s’agira de célébrer infirmières et infirmiers et de mettre en avant leur rôle essentiel dans la société. Et MEDIF va suivre cela de près !

Ainsi, nous signalons plusieurs évènements organisés durant les deux prochains mois. Tout d’abord, le 7 octobre prochain aura lieu un vernissage photo à la haute école de santé de Genève à partir de 17h30. Ensuite, une demie journée d’études se déroulera à La Source (Lausanne), le 6 novembre. Enfin, une journée portes ouvertes, accompagnée d’une table ronde à 15h30, accueillera les curieux le 15 novembre à la haute école de santé de Genève. Alors à vos agendas !

 

MEDIF fait un retour à La Source

Le 16 juin dernier, l’équipe MEDIF a eu la chance de suivre l’archiviste de la Haute école de santé de La Source, Aurélie Pieracci, au sein des archives de l’Institution lors d’une visite guidée.

Image en couleur d'un crachoir (pour tuberculose) en verre bleu, gradué, avec support et couvercle en argent. (Début XXème siècle). Archives Fondation La Source. Collections Patrimoine infirmier.
Crachoir (pour tuberculose) en verre bleu, gradué, avec support et couvercle en argent. (Début XXème siècle). Archives Fondation La Source. Collections Patrimoine infirmier.

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Conclusion de la Journée d’étude CIVIS : L’ambivalence de la “nature féminine” dans les sciences

Comment les femmes, souvent marginalisées dans les sphères scientifiques, médicales et littéraires, ont-elles investi les discours sur leur propre « nature » ? Que signifie rendre audibles les voix féminines ? Quelle est le rôle de l’historienne comme medium entre passé et présent ?

Ces questionnements ont été au cœur de la Journée d’étude du 9 mai 2025 L’ambivalence de la notion de « nature féminine » dans les sciences, organisée par Camille Jaccard (UNIL), chercheuse intéressée par l’expression des femmes en psychiatrie en France, Suisse et Allemagne aux XIXe et XXe siècles, à laquelle l’équipe MEDIF a participé. Soutenue par la Cellule CIVIS et dans le cadre d’un échange entre l’Université de Lausanne et l’Université libre de Bruxelles, cette rencontre a été dédiée à l’analyse des discours et contre-discours sur la « nature féminine » dans les sciences médicales et physiologiques aux XIXᵉ et début XXᵉ siècles, à travers des écrits de femmes. La méthodologie adoptée a permis de créer un espace de réflexion, dans un format atelier : travail collectif sur un exemplier de textes et échanges informels entre chercheur-euses junior et senior (doctorant-es, postdocs, MER et professeur-es).

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MEDIF rend visite à Marguerite Durand

Plusieurs partenariats se nouent autour du projet MEDIF, dont une avec la bibliothèque Marguerite Durand, bibliothèque consacrée à l’histoire des femmes, du féminisme et du genre à Paris : https://www.paris.fr/lieux/bibliotheque-marguerite-durand-bmd-1756 Cette dernière pourrait ainsi accueillir de futurs projets de médiation liés à MEDIF. Rémy Amouroux, Aude Fauvel et Amélie Puche, après une première prise de contact, ce sont rendus sur place pour échanger sur les différentes coopérations possibles et commencer à dépouiller les importants fonds de la bibliothèque.

C’est après la création de son journal, La Fronde, en 1897, premier journal entièrement dirigé, rédigé et imprimé par des femmes, que Marguerite Durand ouvre une bibliothèque à l’usage de ses collaboratrices. Elles constituent des dossiers (thématiques comme biographiques) et font appels aux dons pour réunir une importante documentation sur l’histoire des femmes. Bien que la publication du journal s’arrête en 1905, la bibliothèque perdure et constitue le premier Office de documentation féministe français, géré par Marguerite Durand jusqu’à sa mort. Cette dernière, soucieuse de voir son œuvre perdurer, en fait don à la ville de Paris, de son vivant. Le leg est accepté en 1931 et une première bibliothèque ouvre place du Panthéon, déménagée en 1989 sur son emplacement actuel. Depuis, les fonds ne cessent de s’enrichir et constituent une source riche et précieuse pour l’historien.

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MEDIF et Queer Attitudes rhabillent les femmes médecins

Queer Attitudes : images subversives et persistance des codes de la binarité féminine/masculine XXe-XXIe siècles est un projet de recherche porté par Elisabeth Fischer (HEAD Genève) et Magali Le Mens (Université Rennes 2) et mené au sein du centre Maurice Chalumeau en sciences des sexualités (CMCSS) à Genève. Ce projet étudie des images et allures qui subvertissent la binarité des genres, principalement dans les domaines de l’art et de la mode, depuis le XIXe siècle. https://www.unige.ch/cmcss/recherche/recherches/queer-attitudes

Or, les premières étudiantes en médecine et les premières femmes médecins, par le simple fait de sortir de la sphère privé pour l’univers très public – et très masculin – de la faculté et de la profession médicale, brouillent la frontière des sexes. De plus, la réussite dans les études de ces femmes pose la question de la nature de leur cerveau. Au XIXe siècle, il est considéré que seuls les cerveaux masculins abriteraient l’intelligence nécessaire à la compréhension de la science, donc à l’obtention des diplômes universitaires. Ainsi, une femme décrochant un doctorat de médecine devient, dans nombre de discours du temps, un être hybride entre l’homme et la femme, a minima une femme avec un cerveau d’homme, c’est-à-dire un troisième sexe.

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